Écrivez aux prisonnier·e·s politiques

Aujourd’hui, l’Etat espagnol a encore des prisonnier·e·s politiques, dont le seul délit est celui de défendre le droit à voter des leurs concitoyens. Une honte pour la démocratie, qui soulève de vives protestations partout dans le monde.

L’ANC, Òmnium Cultural, les Comités de Défense de la République, les partis souverainistes, les syndicats et d’autres entités de la société civile catalane organisent, depuis octobre 2017, des manifestations et des actions à travers la Catalogne.

Dans une déclaration officielle, le Groupe de travail des Nations Unies sur la Détention Arbitraire a demandé, en mai et juin 2019, la libération immédiate des prisonniers politiques catalans. Le Groupe de travail de l’ONU, qui relève du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits humains (OHCHR), demande la libération des prisonniers, mais aussi que l’Espagne compense le temps passé en détention provisoire. Le Groupe de travail considère que tant la liberté d’expression que le droit de manifester et de participer ont été clairement violés. De même, la déclaration situe les leaders indépendantistes catalans dans un « mouvement politique pacifique », et on dit qu’ils sont en prison « pour leurs idées politiques ».

Amnistie Internationale, l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Frontline Defenders, entre autres, ont ainsi demandé la libération immédiate des prisonnier·e·s.

Quant au procès qui s’est ouvert en février 2019 contre eux, vous pouvez lire le Rapport de la Mission d’observation de l’IRAI au procès des leaders indépendantistes de Catalogne qui fait le point « sur les violations des droits fondamentaux des personnes accusées, notamment en ce qui concerne la garantie contre la détention arbitraire, le droit à un procès équitable, le droit à une défense pleine et entière, le droit d’interjeter appel et les droits linguistiques ».

La Coalition québécoise de solidarité avec la Catalogne vous invite à :

  • tweeter des messages d’appui avec le hashtag #SolidariteCatalogne
  • écrire des lettres aux prisonnier·e·s politiques, pour se faire, n’oubliez d’écrire l’adresse de l’expéditeur, autrement elles ne seront pas acceptées par le service carcéraire.

Vous pouvez leur écrire des lettres directement en français. Voici les adresses où envoyer vos lettres :

Carme Forcadell
Centre penitenciari Mas d’Enric
Mòdul de dones
Travessia Comella Moro,15
43764 El Catllar
(Tarragona)

Dolors Bassa
Centre penitenciari Puig de les Basses
Mòdul de dones
Raval disseminat, 53
17600 Figueres
(Girona)

Josep Rull
Jordi Turull
Raül Romeva
Oriol Junqueras
Joaquim Forn
Jordi Sànchez
Jordi Cuixart

Centre Penitenciari de Lledoners, Mòdul 2
Carretera C-55, km 37
08250 St Joan de Vilatorrada
(Barcelona)

En décembre 2017, le Cercle culturel catalan du Québec a envoyé une lettre aux prisonniers politiques et M. Joaquim Forn y a répondu le 8 janvier 2018, en voici un extrait :

« Toutes les initiatives que vous organisez depuis le Québec sont très importantes pour nous, car elles permettent de faire connaitre la grave situation que nous vivons en Catalogne. Aujourd’hui, une de nos espérances est que la pression internationale puisse changer la ligne politique de répression entamée par le gouvernement espagnol.
Nous allons plutôt bien. Nous nous sentons très bien accompagnés par beaucoup de personnes qui nous aident à garder la morale sereine et ferme. […] Nous ne perdons pas l’espoir de rentrer bientôt à la maison pour pouvoir continuer à travailler pour la liberté et la démocratie. »

Qui sont les presonnier·e·s politiques catalan·e·s et depuis quand elles et ils sont en prison?

Jordi Cuixart et Jordi Sànchez ont dirigé les deux principales entités souverainistes de la société civile catalane. En 7 ans de manifestations, il n’y a jamais eu un seul incident violent. Cependant, le 1er octobre eut lieu en Catalogne un référendum d’autodétermination durement réprimé par l’Etat Espagnol avec une violence critiquée par les médias du monde entier.

Le 16 octobre 2018, la juge de l’Audience Nationale espagnole, Carmen Lamela décrétait la prison inconditionnelle pour Jordi Cuixart et Jordi Sànchez, accusés de sédition. Cet emprisonnement est une aberration juridique et une violation des droits de l’homme.

Deux semaines plus tard, le 2 novembre 2017, la même juge décrétait la prison inconditionnelle pour le Vice-président du gouvernement catalan, Oriol Junqueras, et pour 7 autres ministres : Carles Mundó, Jordi Turull, Josep Rull, Raül Romeva, Joaquim Forn, Dolors Bassa et Meritxell Borràs. Elle les accusait de rébellion, sédition et détournement de fonds publics, et ceci pour avoir mis les urnes le 1er octobre et, en fin de compte, avoir accompli le mandat démocratique pour lequel ils avaient été élus.

Le 4 décembre 2017, le juge Pablo Llarena, du Tribunal Suprême espagnol, rendait la liberté, sous caution de 100 000 euros, aux ministres Romeva, Rull, Turull, Mundó, Bassa et Borràs, mais maintenait en prison le Vice-président Junqueras, le ministre Forn, Jordi Cuixart et Jordi Sànchez.

Le 23 mars 2017, le juge Llarena a emprisonné à nouveau MM. Raül Romeva, Joaquim Forn, Josep Rull ainsi que Mmes Dolors Bassa et Carme Forcadell. De plus, il a lancé un mandat d’arrêt européen contre MM. Carles Puidgemont, Toni Comín, Jordi Puig et Mmes Meritxell Serret, Marta Rovira et Clara Ponsatí, qui ont dû s’exiler en Belgique, en Suïsse et en Écosse pour préserver la voix du mouvement démocratique et pacifique qu’est l’indépendantisme catalan.

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